
C’est lamentablement dommage de se rendre compte – quand on peut y échapper, bien sûr ! – que, lorsque ce n’est pas physiquement (troubles alimentaires, obésité, anorexie, etc.), c’est psychologiquement que la pub tue à petits feux cette petite île qui est en nous : notre Humanité, notre capacité à vivre sans frustration, à aimer sans angoisse.
En tant que professeur de langues, je suis assez souvent amener à partager pour le temps d’une classe un même chemin avec des adolescents qui mettent, hélas, en relief, de par leur façon de penser, de s’habiller «obligatoirement» avec tel modèle annuel, de rêver avec les appareils du bonheur visuels ou auditifs, de n’avoir que des souhaits matérialistes ; que nous traversons une époque où les dépravations publicitaires font partie intégrante de notre quotidien. Peu de personnes s’indignent encore de cet ouragan qui engouffre (1) sur son passage nos désirs et nos pensées.
Voilà une grosse partie du «pourquoi» les jeunes feraient n’importe quoi pour avoir le dernier baladeur mp3, par exemple… Tuer, voler, dealer pour pouvoir s’offrir les trucs tout aussi inutiles que hors de (2) prix !
Cependant, la réalité est qu’il ne faut pas être « jeune » pour subir ce déferlement(3) publicitaire qui nous pousse à consommer grâce à ce conditionnement incessant auquel nous sommes soumis … 16 heures sur 24 !
De la même manière, la publicité incite les classes modestes à consommer à outrance(4). En général, elles consomment au-delà de ce que leurs salaires leur permettent, provoquant alors une immense frustration. Vue sous cet angle, notre société de consommation est donc une «société de provocation», une société qui met en évidence le fossé(5) qui existe entre les richesses qu’elle dispose et qu’elle souligne par le strip-tease publicitaire et l’exhibitionnisme du quotidien, par la psychose liée à l’achat et à la possession, et les moyens qu’elle donne aux masses de satisfaire un double besoin : les besoins artificiellement crées et les besoins élémentaires.
Des besoins artificiellement créés … Oui, c’est bien le but de la publicité : « une usine à fabriquer de faux besoins ou encore des besoins modernes ». Allons-nous mieux déjeuner avec de nouvelles céréales à la mode ? Notre maison va-t-elle être encore plus propre (ou plus désinfectée) avec 5 ou 6 produits ménagers qu’avec un seul ? Réponse : non. Je ne pense pas que nous ayons besoin de la publicité pour savoir ce dont nous avons vraiment besoin. Elle force nos volontés vers une même direction. Manipulation mentale ? Réponse : oui.
Évidemment, mes propos peuvent m’attirer des ennemis… En première ligne : les publicitaires qui, eux, vivent de leur métier qui est vu comme l’un des plus créatifs. On organise même un Festival pour couronner les meilleures publicités. Mais quand même, toute publicité obéit toujours et encore à trois règles d’or de toute propagande :
1. la répétition
2. la répétition
3. la répétition
Que pouvons-nous faire contre le règne de l’abrutissement publicitaire ?
Ma réponse : les associations de consommateurs, le boycott massif et le sabotage collectif. Et surtout encourager la jeunesse à se créer une individualité et à devenir publiphobe.
Le Petit Lexique:
(1) engouffrer = faire disparaître dans un gouffre (=cavité profonde)
(2) hors de = fuera de
(3) déferlement (action) ; déferler = desencadenarse
(4) à outrance = a ultranza
(5) un fossé = una cuneta
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Publicado en http://www.weeklyletter.com con fecha 2008-11-11 09:00:00 +0100
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Je n’as pas comprendu tout ton article. Je voudrais ajouter que la pub fait aussi une belle fonction social: informer. La pub fait savoir quelles produit o services sont disponibles. La pub aides aussi les jeunes a s’habiller different, et pourtant a se sentir different, et apporter de nouvelles choses.
La pub aides à consommer et reduire la crisis, à rever d’être riche et à vouler travailler.
Aussi il y a de pub que m’aide a vouler apprendre français. Chaques jour il y a plus et plus français dans le pub espagnole, et je veux savoir que signifie.
La publicité facilite aux entreprises , commerces, etc, l’entrée de leurs produits et à mon avis doit être respecté. Son but est d’obtenir à l’utilisateur final et de lui créer la nécessité, mais c’est l’utilisateur final qui doit déterminer le poids qu’il donne à la publicité. Tout dépend de la nature de l’utilisateur final.
Deux prénoms qui commencent par la même lettre, i*, et qui défendent une même *idée i*dentique: le respect et l’utilité de la publicité.
Bien sûr que nous devons respecter la publicité et ce respect existe vue de la tour d’un adulte, mais vue de la hauteur d’un enfant, d’un adolescent la publicité a tendance a *déformer, à idéaliser ce qui est possible de ce qui est impossible à avoir …
Rêver dans une époque de crise, est-ce la roue de secours pour échapper à la grisaille sociale ? Oui, si on ne s’endort pas trop, autrement dit, il ne faut pas dormir trop longtemps !
Demain, un autre article créatif … Oui, mais sur un autre plan !
Merci pour vos commentaires, les “I” !!